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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 12:04

 

7 mai 2009

 

Ma cellule est située dans le couloir de la mort, au dernier étage du bâtiment appelé « Le Bloc Nord ». Un ascenseur nous emmène à chaque étage de cette unité. Il y a 68 cellules dans cette unité, le restant des condamnés se trouve dans un autre bâtiment. La cour pour faire nos exercices fut construite sur le toit de cet immeuble. Nous sommes autorisés à y rester pendant 2 heures ½ chaque jour. De ce toit, je peux voir les montagnes de l’Ouest, ses arbres, et bien sûr les maisons qui ont été construites par les plus fortunés. C’est dans ces montagnes que je peux voir la verte nature du printemps, parfois enveloppée de brouillard, avec les rayons du soleil qui inondent de lumière certaines zones.

A l’intérieur de ce bâtiment, tout rappelle à la réalité : les barres métalliques et les gardes armés de pistolets. Il y a des fenêtres mais elles sont si hautes et si sales qu’il est seulement possible d’apercevoir le ciel. Vous pouvez imaginer combien sont précieux les moments passés là-haut sur le toit, là ou la vue limitée des terres peut être d’une beauté renversante ! Cela atténue la noirceur de la prison.

 

Quand je suis arrivé pour la première fois dans le couloir de la mort, cette unité était comparée à une « étagère ». Non parce qu’elle est située au dernier étage, mais plutôt parce que c’est ici que les condamnés sont stockés, jusqu’à ce que leur exécution ait lieu. Être en prison ne vous garantit pas un traitement humain. Surtout si vous êtes condamnés à mort !

 

Les violations des droits humains sont désapprouvées par les Justes de ce monde. Mais, les prisons sont un monde à part. Les règles de la décence humaine sont constamment repoussées par les gardes et par l’administration pénitentiaire. Ils ont des règles à suivre, mais elles sont le plus souvent ignorées du fait de leurs faiblesses, leurs craintes, leurs préjugés, leur désir d’imposer leur pouvoir.

 

L’année dernière, dans une autre prison de Californie, des gardes ont été attaqués par des prisonniers hispaniques. Le lendemain, les gardiens de Saint Quentin annulèrent toutes les visites des prisonniers hispaniques du couloir de la mort qui étaient prévues pour la semaine. Certains visiteurs étaient venus d’Europe…

 

Cela n’est simplement qu’un exemple de la colère déversée sur nous par des gens qui sont supposés être civilisés ! Dès qu’une personne porte un badge ou peut jouir de son autorité, elle change. Que disait-on à propos du « pouvoir absolu ? ».

 

Voilà le monde dans lequel j’ai pénétré lorsque je suis arrivé dans le couloir de la mort en janvier 1982. Lorsque j’ai su ce qui s’était passé dans cette prison en Irak, je n’ai pas été surpris…

 

J’ai vu beaucoup d’émeutes depuis que je suis ici, à Saint Quentin. Les prisonniers aussi sont en colère !

 

Un oncle m’a dit un jour : « Si tu frappes un chien assez longtemps, il se retournera et finira par te mordre ». Cela est vrai avec les chiens tout comme avec les gens. Soyons reconnaissant que la majorité des humains dans le monde ne batte pas les chiens !

 

 

Fernando Eros Caro

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Published by Comite de Soutien à Fernando E. Caro - dans Traductions des textes de Fernando
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